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Après avoir testé (et vécu) avec les intégrés SPEC pendant de longs mois, voici mon retour sur le DAC de la marque, qui tourne également depuis plusieurs mois au magasin.

Sans m’étendre sur les aspects purement techniques, qui ne sont pas toujours corrélés avec les impressions à l’écoute, il y a quand même quelques particularités à mettre en avant : déjà le DAC se présente en 2 coffrets distincts, son alimentation linéaire étant totalement indépendante, ce qui permet en particulier de limiter les interférences et de reculer le niveau de bruit sur la section DAC proprement dite. Les 2 coffrets sont construits selon des principes communs aux intégrés de la marque avec notamment le principe de découplage mécanique utilisant 2 essences de bois différentes.

On retrouve également les condensateurs Hibikiichi développés spécifiquement par la marque.  Le transformateur est de type R-Core surdimensionné, afin de fournir sans atténuation tout le courant nécéssaire. La puce de conversion est l’excellente et reconnue AK4497EQ.

La conversion fonctionne en 24/192 sur les entrées optiques, coaxiale et AES/EBU, et jusqu’à 32 bits / 384 kHz en USB. Le DAC1 convertit également le DSD256. En ce qui concerne les sorties, on a le choix entre symétrique (XLR) et asymétrique (RCA).

Et à l’écoute ? Il est toujours difficile de décrire ce que l’on ressent à l’écoute avec des mots, mais ce que l’on peut dire c’est qu’on retrouve instantanément l’ADN SPEC, avec la recherche d’un équilibre parfait et subtil quel que soit le morceau, un naturel rare, et une signature la plus faible possible en termes de colorations et d’artefacts électroniques. On ressent clairement à l’écoute que l’on est dans le « high end », et c’est une vraie surprise à ce niveau de prix (5500 €), mais le DAC1 fait le boulot sans la surdéfinition parfois un peu artificielle que l’on peut rencontrer sur des convertisseurs très haut de gamme. Avec le DAC1, on n’est pas dans le spectaculaire gratuit, on perçoit les choses comme on les percevrait dans un concert acoustique : les échelles sont scrupuleusement respectées, les écarts dynamiques aussi : les micro-détails sont magnifiquement détourés et positionnés dans l’espace 3D avec une grande précision tout en restant intégrés à l’ensemble ; les transitoires à fort niveau sont transmis avec la juste dynamique sans que l’on perçoive soit une quelconque exagération, soit une quelconque timidité dans la restitution. Ce qui est remarquable également c’est la finesse, le raffinement des timbres, qui reste étonnant quel que soit le style musical, avec autant de définition sur les micro-détails que sur les grosses masses sonores. d’un point de vue global, les ingénieurs ont réussi le parfait équilibre entre la fluidité, le naturel, le détail, la dynamique, le silence, le respect des timbres. Dans les faits, il est difficile d’analyser l’écoute parce-que le cerveau quitte très rapidement le mode « analyse » pour simplement se laisser toucher par la musique.

Il est difficile de caractériser ce DAC avec des mots se rapportant aux critères habituellement utilisés. Marié aux intégrés de la marque, il excelle simplement à apporter jusqu’à l’entrée de l’amplificateur un signal extrêmement fidèle dans ses moindres inflexions, avec un timing d’une précision redoutable : la richesse de ce qu’on entend par exemple sur une attaque de corde est surprenante, on peut détailler le frottement du doigt, la contribution de la caisse, les vibrations des cordes adjacentes, la réverbération dans l’espace…mais tout cela avec un naturel, une vérité confondants ! Très difficile de garder à l’esprit qu’on écoute des fichiers numériques !

On peut évidemment trouver des appareils qui iront plus loin, mais il va falloir sortir largement de la zone de prix…Pour qui recherche l’essence même de l’émotion musicale, tout en étant sensible aux sensations physiques procurées par la musique, c’est un appareil à écouter en priorité ! A mon sens il peut rassembler audiophiles et mélomanes par sa cohérence, son équilibre parfait, et sa capacité à laisser passer les ambiances, l’intention des musiciens, et aussi l’aspect spectaculaire quand il est présent dans le morceau…

Pour terminer ce test en beauté, Alain Yzembar (Absolue Créations) a eu la bonne idée de me proposer de tester 2 câbles d’alimentation (câble entre alimentation et DAC), les Tim-Alim1 et Tim-Alim2, vendus respectivement 330 et 1100 €. J’ai testé ces 2 câbles sur une configuration résolument haut de gamme (source Auralic Aries G2.1, SPEC RSA F33-EX, enceintes Nora, câblage Absolue Créations nouvelle génération). Malheureusement pour le portefeuille, l’apport de ces câbles se révèle indéniable à l’écoute ! Le Tim Alim1 apporte un gain immédiat, avec encore plus de propreté et de lisibilité, déjà excellente…c’est encore plus intelligible, plus facile à suivre, plus aéré. Le passage au Tim Alim 2 est quand à lui littéralement addictif, la matérialisation de la musique est bluffante, on a accès à une intensité, à une incarnation de la musique juste jouissives.

Très honnêtement c’est une somme pour un câble, mais le DAC déjà extrêmement réussi change littéralement de catégorie ainsi câblé…On accède au raffinement que l’on commence à retrouver sur des DACs positionnés à minima à 2 fois ce niveau de prix… De mon point de vue, la valeur ajoutée à l’écoute dépasse donc largement le surplus de coût.

Pour terminer, vous l’avez compris j’avais été surpris, puis séduit, puis conquis sur la durée par les intégrés SPEC,  le DAC est de la même veine, assurant un respect des plus intègres de la musique. Pour tout dire il est même étonnant que, au prix de 5500 €, il se marie avec autant de bonheur avec l’intégré F33, qui, lui, boxe au dessus des 20 000 €… Il est bien entendu en écoute permanente au magasin !