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Après le Puccini Anniversary, Le Maestro a rejoint le magasin ! voici mes impressions sur ce joli bébé de plus de 30 kg…

Dès le déballage, la construction impressionne, avec son poids conséquent, sa profondeur inhabituelle, et ses gros radiateurs apparents, ça sent le sérieux ! La face avant est sobre et classe, c’est un copier-coller de celle du Puccini, mais sensiblement plus haute. on y retrouve à gauche les Led informant de l’entrée sélectionnée, et à droite le niveau du volume sonore.

Le réglage de volume est très précis, agréable pour bien doser à faible niveau. A l’arrière on retrouve des connectiques très qualitatives, avec de très belles et solides bornes HP, 3 entrées RCA et 3 XLR, suivant une disposition symétrique.

 

Cette disposition est le reflet de la construction intérieure, on est rigoureusement dans la configuration de 2 blocs mono rassemblés dans un même châssis. Quand on enlève la plaque supérieure, on peut immédiatement juger de la qualité des composants et de l’assemblage, c’est magnifique, on pourrait le laisser ouvert en permanence juste pour le plaisir ! La télécommande est en aluminium usiné, totalement, en phase avec le standing de l’appareil.

On remarque en particulier les 2 transformateurs toriques de 600 VA chacun, et le soin apporté au refroidissement des 8 transistors de puissance par voie, qui sont fixés sur d’énormes radiateurs, représentant à la fois une très grande surface de dissipation, et une inertie thermique très importante de par leur masse. Même si ces éléments ne sont pas la garantie des qualités sonores de l’appareil, ils sont déjà la preuve du très grand sérieux de fabrication, et du soin apporté à chaque détail, en passant par la propreté de l’implantation, la qualité et le dimensionnement des composants, la qualité du câblage…

Tout juste sorti du carton, le Maestro est mis en route pour entamer le rodage. Dès les toutes premières mesures, on ressent ce quelque-chose de spécial sur la scène sonore, ce sentiment d’épanouissement et de parfaite séparation des canaux que l’on retrouve sur les installations avec 2 blocs de puissance mono. La construction double mono depuis la prise IEC se fait entendre immédiatement. Pour le reste il va falloir être patient… Le Maestro dévoile peu à peu ses qualités, mais il va falloir attendre 200 à 300 heures de fonctionnement pour que tout soit en place et parfaitement cohérent. On retrouve sans aucune hésitation la signature Audio Analogue, aussi vous pouvez vous reporter au test du Puccini, on va retrouver toutes ces qualités, simplement on change de catégorie, on monte de plusieurs crans sur tous les critères. Pour commencer, malgré son gabarit imposant, Le Maestro ne joue pas à priori les gros bras, on a droit à une restitution très raffinée, toute en nuances, sans surépaisseur à aucun endroit de la bande passante : les instruments n’ont pas grandi, les bouches des chanteuses non plus, mais c’est beau, c’est fin, c’est plein, c’est épanoui, libre et totalement cohérent. On rentre dans la musique sans se poser de questions.

Un élément marquant de la restitution reste la manière dont il construit la scène sonore, ce que l’on avait perçu au tout début, avant même le rodage effectué. On a une densité sonore homogène sur toute la largeur, une sensation de présence, de matière idéalement répartie dans l’espace et dans tout le spectre sonore, avec un effet 3D qui nous rapproche de la réalité. Le Maestro va vraiment plus loin que le Puccini sur ces points. On retrouve également ce très beau médium, parfaitement équilibré, cohérent, naturel et fluide que l’on avait perçu sur le Puccini, avec encore plus de raffinement, de détail, de facilité et de présence quel que soit le message. La montée en gamme apporte cette décontraction, cette sérénité qui semble inaltérable, y compris quand le message est chargé et à fort volume, tout reste à sa place, timbré et intelligible jusque dans le détail des attaques et des extinctions de notes, il se dégage une impression de facilité et de grande force en même temps. Un mot sur le grave, que le Maestro traite d’une manière que je qualifierai de « proche de la réalité ». Pour commencer, il est extrêmement différencié, on a jamais l’impression d’avoir une récurrence de tonalité suivant les morceaux : on note un excellent contrôle des haut-parleurs sans qu’on ressente la moindre oscillation ou résonance rajoutée au message musical. Ce nest pas le seul amplificateur de cette gamme de prix à savoir contrôler le grave, mais le Maestro le fait d’une manière intelligente, savamment dosée, il réussit à la fois à assurer un amortissement très efficace des haut parleurs de grave, et en même temps à procurer une sensation d’ouverture et de liberté dans ce registre : sans jamais tomber dans la démonstration, on ne ressent pas de retenue, la force est impressionnante, ça tape fort et ça descend avec du niveau, et en même temps on garde toujours une lisibilité parfaite du grave et du haut-grave, même sur des messages complexes avec des superpositions de tonalités proches, on ressent également toute les subtilités du travail de création sur des pistes électro. On pourrait penser, en période de rodage, si on le compare à des électroniques plus « chaleureuses », que le grave est parfois un poil écourté, mais une fois rôdé et après de longues écoutes sur tous styles musicaux, ça n’est honnêtement pas le cas, la pression acoustique ressentie est même parfois surprenante, brutale, l’extension dans le sous grave est bien là, simplement rien n’est rajouté au message ! Et ça change beaucoup de choses, le message musical reste un ensemble cohérent, sans aucune perte de lisibilité.

Le Maestro Anniversary a été testé sur les JOY, NEL, Nel Ultime et Nora, et ce sont dans tous les cas de belles associations ! Il aura cependant plus de chances de se retrouver sur les Nel Ultime ou Nora, pour des raisons de cohérence de prix. Associé aux Nel Ultime, il permet de les exploiter pleinement, tant musicalement qu’en termes de puissance, le choix de la source va être crucial pour ne pas brider ce duo ! Le mariage avec les Nora est superbement réussi, on a ce sentiment d’ampleur, de naturel, de décontraction et de facilité, avec une force sans limite (en tout cas pour un usage domestique), on a de quoi s’abîmer les tympans avant tout début de perte de contrôle. Lorsqu’on le sollicite à fort niveau, l’impact devient physique, parfois violent, mais sans rien perdre du raffinement, de la fluidité du message, et sans superposition mal venue entre les voix et différents instruments. Je l’ai même testé sur les enceintes concept Alhéna (non commercialisées), et le Maestro contrôle les 2 HP de grave de 25 cm en charge close sans jamais donner l’impression d’être stressé ou débordé, alors que la pression acoustique frise le déraisonnable. Il rempli littéralement l’espace de musique, il rend la musique facile, il détresse l’écoute et il restitue le message avec un parfait sens de l’échelle, tant en représentation dans l’espace qu’en écarts dynamiques.

En guise de conclusion, le Maestro Anniversary représente pour moi la porte d’entrée des « gros systèmes d’amplification ». Son alimentation généreuse et sa conception double mono depuis la prise secteur lui donne accès à cette capacité qu’ont les systèmes à blocs mono de vous construire une scène sonore dépolluée de toute interaction entre les voies droite et gauche. Même si des blocs mono haut de gamme iront encore plus loin, le budget sera rapidement doublé ou triplé en intégrant le préamplificateur… A ce prix, c’est une compétence que peu d’amplis ont ! Fidèle à l’esprit de la gamme, il est conçu pour les mélomanes, il laisse passer toute la musique, robinet grand ouvert, avec une signature propre la plus discrète possible. Il sait à la fois faire preuve de raffinement et de délicatesse, d’un très grand respect des timbres, tout en donnant ce sentiment de très grosse réserve de puissance, mais toujours à propos et dosée avec justesse. Il procure le sentiment d’un équilibre parfait sur toute la bande passante, équilibre qu’il tient aussi bien à faible volume qu’à fort niveau, ou aucun tassement ou crispation ne sont ressentis. Pour faire un parallèle avec l’automobile, on a le sentiment de rouler avec un moteur V8, mélodieux à vitesse stabilisée comme en pleine accélération, qui donne l’impression que les montées n’en sont plus, tellement on a le sentiment que rien ne force, que tout est facile… En termes d’association, c’est un ampli qui n’enlèvera rien ni ne rajoutera rien non plus, on retrouvera donc la personnalité des autres maillons… Pour ce qui est des enceintes, sa généreuse alimentation et son comportement très neutre ne posent pas de limites particulière.

Un appareil à écouter impérativement si on cherche un intégré dans la zone des 7000 à 10 000 €, son architecture extrêmement bien pensée le place dans le tout haut du panier dans cette zone de prix.