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Le DAC300 est le convertisseur haut de gamme de la gamme Atoll, la présentation est de bonne facture comme toujours chez Atoll, on retrouve le châssis perforé et une belle face avant en aluminium usiné, gravée avec le logo Atoll. En façade, on trouve en position centrale un afficheur Oled très lisible et 2 boutons rotatifs servant à sélectionner la source, à régler le volume le cas échéant (le DAC 300 pouvant être paramétré avec ou sans réglage de volume). Ces boutons servent également à la mise en route par pression sur le bouton de gauche et au choix des filtres numériques par pression sur celui de droite. Très facile d’utilisation au final.

Côté connectique, on trouve du côté des entrées 3 coaxiales, 3 optiques, 1 AES/EBU, une entrée USB, avec en bonus un récepteur Bluetooth. La sortie analogique peut se faire soit en RCA, soit en XLR. Une sortie numérique est également prévue en coaxial ou optique. Enfin, le DAC300 dispose d’une sortie casque en face AV

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Qu’en est-il de l’écoute ? Les essais se sont déroulés sur IN400 et Hegel H190 avec en source le streamer ST200 signature et le lecteur CD Hegel Mohican. Le câblage est assuré par Absolue créations (Intim / Ultim). Tout d’abord comme toutes les électroniques et les électroniques numériques en particulier, il faut respecter un temps de rodage assez long pour que la restitution se stabilise (environ une centaine d’heures). La première chose qui vient à l’esprit lors de l’écoute est le raffinement : ce convertisseur fait vraiment dans l’élégance, avec de beaux timbres, une perception facile de tous les détails, même de faible niveau en arrière plan, mais surtout il le fait sans que son travail ne s’entende, sans que rien ne vienne jamais troubler l’harmonie de la musique. Classe et discrétion…Atoll a clairement pris le parti de la musicalité au sens le plus noble, sans chercher à jouer sur quelque côté démonstratif. La sensation est qu’il n’essaie pas d’imposer une personnalité quelle qu’elle soit, mais simplement d’apporter le moins de défauts et de colorations possibles en réalisant la conversion. Ensuite vient rapidement la perception d’une scène sonore vraiment très épanouie, tant en largeur qu’en profondeur, c’est un élément distinctif de cet appareil. Le son « remplit » littéralement la pièce, avec une sensation de juste présence et une focalisation ressentie comme naturelle : les instruments, sons et voix sont bien localisés dans l’espace, mais en même temps la musique reste un tout lié, et pas simplement une juxtaposition de différents sons. Sur l’album « Amused to death » de Roger Waters (très discriminant), la perception des sons totalement hors champ des enceintes est très réaliste, avec une localisation, une intelligibilité et un respect des timbres toujours parfaits même sur les micro-détails.

La résolution très fine, combinée à l’absence de signature électronique, de dureté, permet de passer tout style de musique, même complexe et très chargé, et de garder une écoute toujours sereine, intelligible et juste, même lorsqu’on augmente le volume. Dans un système, le DAC, même s’il se cantonne aux signaux numériques, apporte malgré tout sa signature, en termes d’équilibre tonal ressenti, de spatialisation, et des bruits résiduels de conversion ou des colorations peuvent être encore présents. Je suis de ceux qui, à l’écoute de certains convertisseurs très haut de gamme, apprécient la résolution, le détail et la dynamique, mais ne retrouvent pas le ressenti brut, naturel, jouissif de la musique.

Le DAC300 est de ces appareils qui laisse indéniablement passer la musique comme un ensemble, il réussit à recréer ce ressenti « analogique », car dans la vraie vie, tout son est analogique, et captés par notre appareil auditif lui aussi analogique. Le challenge est de traiter des signaux numériques, et qu’en fin de traitement, on ne retrouve quasiment plus trace de cette nature numérique. Et bien ce DAC300 réussit très bien l’examen, il a le pouvoir de laisser votre cerveau au repos, nul besoin d’interprétation, de correction ou de compensation, la musique coule de manière ouverte et spontanée, sans que rien ne vous accroche l’oreille, le cerveau reçoit ce flux et en profite sans effort.

Sur l’ensemble des critères habituels, on peut citer des timbres riches, une dynamique très élevée (ce ne sera pas le maillon limitant en ce domaine), et un équilibre tonal ressenti irréprochable, avec en particulier une fusion totale du registre aigu et extrême aigu, qui ne se manifeste jamais en temps que tel mais reste parfaitement intégré. Ceci dit au final, comme toutes les électroniques réussies, ce qui le distingue le mieux est surtout la cohérence. C’est un appareil anti-frime (jusque dans son prix), avec absolument rien de démonstratif, mais qui a cette subtile cohérence sur l’ensemble des critères qui fait mouche.

Pour terminer, je dirai qu’il ne faut surtout pas cantonner cet appareil à sa gamme de prix, aussi si vous recherchez une écoute vivante, musicale, détaillée mais naturelle, avec de vraies couleurs, c’est un DAC à écouter. Comme toutes les électroniques bien conçues, le DAC300 se révèlera d’autant mieux qu’il sera bien câblé, et le positionnement sur des pieds anti-vibratoires optimisera encore ses performances.

Côté associations, logiquement le mariage avec un IN300, IN400 ou mieux encore PR400/AM400, fonctionne à merveille, le câblage en symétrique amenant un plus. D’autres mariages sont bien entendu possibles, le DAC300 contribuera alors à la qualité du système en apportant raffinement, ouverture et une scène sonore vraiment épanouie.